Je suis en absence
Sur le bord d’une autoroute,
Près d’une station essence
Dans un hôtel de passage ;
Une chambre pas très grande
Equipée comme il faut,
Un grand lit pour deux personnes
La télé, un lavabo ...
Sur le mur en crépi blanc
La photo d’un paysage
... Je suis parti en voyage.
Je suis en arrêt d’urgence
Sur le bord de l’autoroute,
En panne de l’existence
D’une vie sans un virage ;
A apprendre sans comprendre
A me conduire comme il faut,
A répondre au téléphone
A écouter la radio ...
Ne jamais perdre de temps
Ne s’arrêter qu’aux péages
... Foncer droit vers des mirages.
Je suis en convalescence
Sur le bord de l’autoroute,
Je me suis mis en vacances
Sans laisser aucun message ;
Bien décidé à attendre
A prendre le temps qu’il faut
J’ai débranché la télé,
Le portable, la radio ...
Allongé sur le lit blanc
Je fixe le paysage
... Je suis parti en voyage.
Quelle est cette ombre immense
Qui plane sur la plaine
Aujourd’hui c’est dimanche
Et tout doit être triste
Je m’en vais dans les champs
Marcher avec ma peine
Je m’en vais dans les champs
Parler avec le vent
Dans le lointain
J’entends le chant
D’une fête foraine
J’entends les rires des enfants
Les plaintes de la plaine
(bis)
Comme au temps des beaux jours
Du soleil lourd
Qui réchauffe la plaine
Comme au temps des beaux jours
Je refais le parcours
Mais il pleut sur la plaine
Quel est ce vide immense
Qui me remplit de peine
Aujourd’hui c’est dimanche
Et je dois être triste
La campagne a des airs
De plaine américaine
Vers l’horizon désert
Je marche solitaire
Du fond de moi
J’entends des voix
Du passé qui m’appellent
J’entends les rires d’autrefois
Les souvenirs reviennent
(bis)
Comme au temps des beaux jours
Du soleil lourd
Qui réchauffe la plaine
Comme au temps des beaux jours
Je refais le parcours
Mais il pleut sur la plaine...
Quelle est cette ombre immense
Qui plane sur la plaine
Aujourd’hui c’est dimanche
Et tout doit être triste
C?est la journée des gens
Qui vont au cimetière
Moi je vais dans les champs
... Je suis un artiste.
Montent d’inquiétants murmures
Du jardin derrière le mur
Il est temps de rentrer
D’aller faire ses devoirs
Pas question d’aller voir
Ce soir de l’autre côté
Petit
Tu t’enfuis
Maman l’a dit
Sois raisonnable
Ta vie
Elle est ici
Bien à l’abri
Dans ton cartable
C’est peut-être la nature
Qui se plaint derrière le mur
Tu ne peux t’empêcher
D’y songer tous les soirs
Quand tu fais tes devoirs
Tu pars de l’autre côté
Ici
Tout t’ennuie
Les grands tout gris
Et leurs brimades
Même si
C’est interdit
Oser la nuit
Une escapade
Tenter la grande aventure
Du jardin derrière le mur
Il est temps d’y entrer
D’essayer de savoir
Il est temps d’aller voir
Ce soir de l’autre côté.